Un lien émotionnel avec l'énergie

Introduction : avons-nous une idée de l'énergie que nous consommons ? Pourtant les « boxes ADSL » vont consommer 3TWh en 2012, et c'est énorme... Comment mesure-t-on l'énergie que nous utilisons dans la vie quotidienne ? Le compteur communiquant Linky d'ERDF va-t-il communiquer avec nous ou bien avec d'autres machines ?

Première vision : sommes-nous les comptables de nos propres vies ? Le Coach carbone veut nous aider à estimer nos émissions de gaz à effet de serre et à construire un plan d'action pour les réduire. Mais avec quelle précision ? Qu'oublie-t-on de mesurer au passage ? EDF nous propose de construire notre « maison bleu ciel » et d'adopter des éco-gestes : en vrai, ou dans une autre vie, virtuelle ? Est-ce qu'il y a une limite à la capacité des données que nous fournissons ou que nous visualisons, à devenir l'aune avec laquelle nous jugeons la transformation de nos vies ?

Deuxième vision : sommes-nous prêts à nous mesurer, dans notre habitation ? EDF propose un Ecomanager, Castorama une Blyssbox : mais qu'est-ce qui se cache dans toutes ces boîtes ? Une absence de sens ? Avec Ecowizz, c’est déjà différent : la boîte demande à ce qu'on la touche, à ce qu'on la presse entre ses doigts... Et Megni, avec son Open Energy Monitor, ne propose plus une boîte fermée : on y aperçoit l'électronique à l'intérieur, comme un paysage du Pays de Galles... Bricole-moi, semble-t-elle nous dire au passage !

Troisième vision : sommes-nous si souvent émerveillés ? Avec Nest, l'inventeur de l'iPod d'Apple cherche à rendre intelligent et sensuel un thermostat : y parvient-il ? Avec Tio, un objet rond et rigolo cherche à parler aux émotions des enfants, mais lui répondront-ils ?

Conclusion ouverte : par-delà le désert de l'imaginaire émotionnel de l'énergie, que nous traversons actuellement, des jungles entières restent à explorer.

Atelier « Énergies sensibles », ENSAD, 3 mai 2012

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